Cette année, la banque alimentaire fête ses 40 ans d’activité. L’association représente un soutien alimentaire indispensable en France depuis sa création. Dans un contexte économique d’inflation à la suite du COVID, l’organisation fait face à un nombre de demandes croissant, associé à des défis importants qui impactent les possibilités d’action.

De sa création à son statut actuel
Tout commence en 1984. Soeur Cécile Bigot dénonce le paradoxe entre la pauvreté importante et le gaspillage alimentaire en France. Cette dernière crée alors, avec le soutien de 5 associations (Secours Catholique, Emmaüs, Armée du Salut, Entraide d’Auteuil et Entraide protestante), le premier réseau d’aide alimentaire du pays. C’est en 1985 que la Fédération française des banques alimentaires est officiellement créée. La banque des Pays de la Loire a par ailleurs été co-fondatrice du réseau avec la banque alimentaire de Paris.
La banque alimentaire a contribué à l’impulsion de la considération de l’enjeu de la précarité de façon coordonnée à l’échelle européenne. En effet, en 1986, la Fédération européenne des banques alimentaires se forme. Le but est de donner à tous les citoyens des pays membres un accès à une alimentation suffisante. En 1987, L’Europe amplifie son champ d’action en créant également le programme européen d’aide aux plus démunis. Depuis 2014, l’action européenne contre la précarité alimentaire fait partie de l’objectif FSE+, et le PEAD évolue en Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD). Pour la France, cette aide s’élève à 90 millions d’euros et permet de financer une importante part des denrées alimentaires à distribuer.
Aujourd’hui, le réseau de banques alimentaires en France s’est étoffé et en compte 79 en métropole et outre-mer. 31 antennes de distributions sont également ouvertes pour étendre l’activité sur l’ensemble du territoire. Le poids de l’action de l’organisation a mené à sa reconnaissance d’utilité publique en 2023, lui permettant de recevoir des donations ainsi que des subventions publiques.
Une association toujours aussi indispensable, même après 40 ans
Aujourd’hui encore, la société présente un taux de pauvreté important, qui se traduit notamment par la précarité alimentaire. Selon le site de l’organisation, la banque alimentaire vient en aide à plus de 2,4 millions de personnes, et distribue environ 240 millions de repas chaque année. L’organisation est également un pilier dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Sur les 155.267 tonnes de denrées alimentaires récupérées chaque année, ce sont 74000 tonnes qui sont sauvées du gaspillage.
La banque alimentaire collecte des denrées alimentaires pour les fournir à des associations de distribution, ou bien des Centres Communaux d’Action Sociale. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 6029. Elle est par exemple partenaire du Secours Catholique, ou bien de la Croix-Rouge. L’appui alimentaire est renforcé par un appui technique. En effet, l’organisation propose pour ses partenaires des formations d’accueil, des animations d’ateliers cuisine pour lutter contre les problèmes de santé des bénéficiaires, et d’aide à la gestion administrative.
Une organisation forte mais vulnérable face au contexte de précarité croissante
Malgré tout, la lutte continue contre la précarité alimentaire ces dernières décennies, la banque alimentaire ne cesse de voir son nombre de demandes d’aide augmenter. Les dons importants ne suffisent parfois plus à approvisionner les bénéficiaires sur la même période de temps prévue initialement. C’est par exemple le cas dans l’Oise. La banque alimentaire a vu son nombre d’adhérents augmenter de 30% en 5 ans. La situation a conduit à l’organisation d’une seconde collecte dans les grandes surfaces les 4 et 5 avril, après celle du mois de novembre.
Les sources de dons sont diverses: l’Union européenne, l’Etat, la grande distribution, les industries agroalimentaires, les producteurs et agriculteurs et les particuliers lors des collectes nationales. Pourtant, le manque de ressources à distribuer reste notable, et la quantité de denrées collectées chaque année serait en déclin. Une part importante des bénéficiaires, en raison du contexte d’inflation, ne pourrait pas manger correctement en raison du manque de moyens ou d’équipements. D’autres problèmes sont également mis en lumière, comme les problèmes de santé des bénéficiaires. Ils peuvent s’expliquer par le manque de diversité dans les denrées collectées dans les grandes surfaces.
Une nouvelle journée portes ouvertes en préparation dans le Maine-et-Loire
A Angers, la banque alimentaire prépare une nouvelle journée porte ouverte, pour célébrer les 40 ans de l’organisation. Ce type d’événement est traditionnel au sein de l’association. Cette journée permet de faire connaître les missions et valeurs auprès du public, afin d’informer de leur utilité. C’est également l’occasion de recruter de potentiels nouveaux bénévoles. En cette journée du 4 avril, diverses activités se dérouleront au sein du site du Doyenné telles qu’une visite des locaux, un jeu de piste ou encore un verre de l’amitié pour échanger avec les bénévoles.
Le bénévolat est aujourd’hui et depuis sa création le moteur de la banque alimentaire. 7500 personnes contribuent au fonctionnement quotidien des points de distribution. Lors des jours de collectes nationales, le nombre de volontaires peut s’élever à 110 000. Ils représentent plus de 90% des effectifs de l’association. Dans un contexte où le nombre de bénéficiaires augmente continuellement, l’appel à bénévoles à travers l’information et la sensibilisation est indispensable. Il représente un enjeu crucial pour assurer les activités et l’aide aux personnes précaires.
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la lutte contre le gaspillage, venez découvrir le quotidien de la Recyclerie Madeline à Riom en cliquant sur ce lien : https://www.csactu.fr/pourquoi-jeter-quand-on-peut-donner-une-matinee-dans-la-recyclerie-madeline-a-riom/