Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, vient de mettre un terme à son programme de fact-checking aux États-Unis, déclenchant ainsi une véritable onde de choc parmi les médias et les organisations de vérification des faits. Cette décision, annoncée par Mark Zuckerberg lui-même, sonne comme un « retour aux sources » de la liberté d’expression, selon le patron du géant californien. Pourtant la crainte s’installe d’une propagation de fausses informations sur les plateformes du groupe, d’autant plus que les « fact-checkeurs » professionnels, financés par ces collaborations vont perdre des revenus voire être licenciés.
X comme exemple
La stratégie de M. Zuckerberg a une vision plus large que Meta, plusieurs licenciements visant plus de 5 % du personnel jugé « peu performant » sont effectifs. L’entreprise prévoit de recruter de nouveaux salariés dans les mois à venir, similaire aux pratiques d’Elon Musk chez Tesla et X (ex-Twitter). Comme son rival, le PDG de Meta semble décidé à réorganiser ses équipes en profondeur, et être plus souple en matière de modérations de contenus.
Une volonté de se rapprocher de la présidence Trump
Dans cette continuité, le groupe a aussi annoncé la fin de ses programmes destinés à promouvoir la diversité et l’égalité en interne, mesure qui ne manque pas de contestation par certains employés et militants. La volonté de créer une société plus inclusive peut conduire à un arrêt des efforts menés depuis des années pour mieux représenter les femmes et les minorités ethniques.
Ce type d’orientation se rapproche des positions défendues par Donald Trump, qui fait son retour à la Maison-Blanche. Mark Zuckerberg, qui se plaint de pressions gouvernementales pour censurer certains contenus, dénonce désormais un « excès de contrôle » sur les plateformes et se doit de lutter contre « les ingérences politiques ».
Une victoire pour les fake news
Cette récente décision intervient à un moment critique, alors que la désinformation se propage à grande vitesse et fait douter le public. Ross Burley, cofondateur du Center for Information Résilience (un réseau d’enquêteurs indépendants basé au Royaume-Uni) critique le mélange dangereux entre la liberté de dire ce qu’on veut et le devoir de bien vérifier ce qui est publié. Il dit qu’en n’appliquant pas de contrôle strict, on laisse la porte ouverte à des contenus qui peuvent déstabiliser la société. Autre point de vue, Michael Wagner compare cette décision à une fuite qu’on ne devrait pas confier à n’importe qui. Pour lui, il est indispensable que des experts interviennent pour corriger les failles du système actuel.
La décision de Meta semble motivée par des intérêts politiques et commerciaux plutôt que par la sécurité de l’information. La liberté d’expression reste un droit important, mais elle doit être accompagnée de contrôles efficaces.
Les grandes entreprises du numérique doivent repenser leurs stratégies pour éviter de créer un terrain propice à cette désinformation. Il est urgent d’allier expertise, responsabilité et transparence dans la gestion des contenus en ligne.