Martin Fourcade devrait récupérer une sixième médaille d’or suite à la suspension pour dopage d’Evgeny Ustyugov, champion de la mass-start en 2010 à Vancouver. Le champion olympique français devient donc le seul avec six médailles d’or olympique. Il se détache de Teddy Riner qui l’avait rejoint avec cinq médailles cet été.
Une médaille pour la justice sportive
On savait que les Jeux Olympiques à Paris feraient se surpasser les athlètes français, mais pas à ce point là. Pour prendre l’or olympique, Martin Fourcade n’aura même pas eu à rechausser ses skis mais juste à laisser passer le temps. Le temps que la justice fasse son travail et suspende le Russe Evgeny Ustyugov pour dopage, et donc lui retire sa médaille acquise quatorze ans plus tôt. Fin novembre dernier, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) rejetait en effet l’appel d’Evgeny Ustyugov en faisant apparaitre dans son rapport qu’une « une substance ou une méthode prohibée » était présente dans le passeport biologique de l’athlète russe sur la période entre 2010 et 2014.
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La conséquence sportive de cette décision est immédiate puisque le Pyrénéen devrait récupérer la médaille suprême tandis que le slovaque Pavol Hurajt celle en argent. La Russie est alors éliminée du relais et c’est l’équipe de Suède qui monte sur le podium. Bien qu’une possibilité de faire appel de cette décision existe pour Ustyugov, elle est en réalité compliquée à mettre en place. Le TAS avait déjà bien pris son temps pour examiner le dossier du plaignant puisqu’il avait été déposé il y a quatre ans.
Le Ministre des Sports a réagi
Martin Fourcade a réagi à cette affaire sur son compte Instagram : « Je me suis construit autour de cette médaille d’argent si fondatrice alors je ressens forcément différents sentiments à l’annonce de la disqualification du vainqueur de cette mass-start de Vancouver 2010 ». La sensation doit lui paraître étrange, même pour un athlète avec son palmarès. Si comme il le dit, sa médaille d’argent l’a poussé à se surpasser, cela aurait-il impacté sa carrière ? Pour un immense champion qui se nourrit de ses échecs, la question peut se poser.
Cette affaire met encore un plus en évidence le sujet du dopage dans le sport de très haut niveau et notamment dans l’olympisme. Encore une fois, l’affaire concerne des athlètes russes. Voir cette affaire resurgir après l’exclusion de la délégation russe aux Jeux Olympiques de 2020 de Tokyo fait forcément douter sur la véritable dimension de ce système. La guerre froide est finie, mais pas la relation étroite entre les athlètes russes et le dopage de compétition. Le Ministre des Sports, Gil Avérous, s’est exprimé à ce sujet : « La lutte antidopage est un combat de longue haleine, indispensable pour des compétitions intègres et éthiques ».
Bons baisers de Russie
Martin Fourcade avait déjà entretenu des tensions avec d’autres athlètes russes. Aux mondiaux de biathlon de 2017, l’affaire s’embrase et tourne au règlement de comptes. Le rapport McLaren confirme un dopage d’Etat en Russie mêlant des biathlètes entre 2011 et 2015. Une publication Instagram de la Fédération de biathlon russe félicitant l’athlète Loginov pour ses deux médailles d’or fait réagir le champion olympique. Il commente sous cette dernière : « Il a aussi été suspendu 2 ans pour avoir pris de l’EPO. Ne l’oubliez pas, c’est l’un de ses plus prestigieux trophées ».
Le lendemain, sur le podium du relais, les biathlètes russes refusent de serrer la main du Français. L’image fait le tour du monde. En conférence de presse, les russes reprochent au français d’avoir volontairement fait tomber Loginov lors du relais. Une relation empoisonnée qui dure donc depuis des années.